« Bottom’s Dream » (Arno Schmidt en anglais)


High Germany – Luke Kelly

imag4701

Et voilà. L’est arrivé ce matin. Je l’attendais depuis quelques mois déjà, l’ayant passé en précommande dès que Dalkey Archives ont annoncé la parution du magnum opus de Schmidt en traduction anglaise. Je connaissais John E. Woods pour ses précédentes traductions de Schmidt. Ce gars-là, c’est un malade, « un marginal grave » comme dirait Luchini. L’avait déjà traduit les œuvres quasi-complètes du romancier allemand (toujours publiées chez Dalkey, éditeur irlandais, qui plus est) que j’avais feuilleté et souvent préférées aux traductions françaises, pourtant excellentes de Claude Riehl, notamment.

imag4699

Parce que oui, même si je lis l’allemand, je ne lis pas nécessaire très bien Schmidt. Et pour cause; c’est de la folie c’t’écriture. Zettels Traum, ici traduit par Bottom’s Dream pour les raisons que j’expliquais dans mon post précédent, c’est le Finnegans Wake allemand. Schmidt avait d’ailleurs commencé une traduction du dernier livre de Joyce, dont il avait annoté sa copie de A à Z, autant par admiration que par jalousie compétitive. Comment écrire après Joyce? Surtout après le Wake. Zettels Traum, c’est la réponse démesurée d’un Schmidt brûlé d’effort. Il écrit, comme je l’ai cité ici:

Pendant l’année de la transcription, je me réveillais toutes les nuits vers une ou deux heures du matin puis, je travaillais en matinée jusqu’à sept ou huit heures, m’allongeait trois heures puis recommençait, m’attaquant à une tâche plus légère – la classification des fiches, le rapaillage du matériel, la vérification des citations, la consultation des œuvres. Je travaillais ainsi de 14 à 16 heures par jour. Après avoir ainsi passé la première demi-année à écrire, j’ai craqué puis ai passé huit jours entiers à dormir.

imag4702

Schmidt donne envie du livre, de l’objet. Ses volumes sont gros, encombrants et surtout très ardus à lire. Comme c’est aussi le cas pour Abend mit Goldrand et Die Schule der Atheisten, Zettels Traum est drôlement composé: 1492 pages, imprimées sur du papier A3, chacune divisée en trois colonnes, aux grosseurs variables. On s’y perd. Des trames narratives distinctes, des à-côtés plus souvent qu’autrement obscurs, voire superflus. C’est du lourd, dans tous les sens.

imag4697

imag4700

imag4703

imag4710

imag4704

imag4707

imag4705

imag4709

imag4708

C’est pas un livre, c’est un mal de tête. Je pourrais en parler encore longtemps, mais j’ai moi-même abusé de la bière hier, et la simple idée d’ouvrir Schmidt me donne le vertige. Je vous reviens là-dessus…

Laisser un commentaire


Nom*

Email (ne sera pas publié)*

Site Internet

Votre commentaire*

Soumettre votre commentaire

Prouvez votre humanité... * Le temps imparti est dépassé. Merci de recharger le CAPTCHA.

© Copyright . :: Antoine Malette.com :: . - Designed by Pexeto