Une acquisition aux allures de croisée d’ogives: « Ulysses », édition 1934

Ulysses est un livre qui demande un certain investissement, si je puis m’exprimer ainsi. Rarement un livre aura-t-il fait aussi peur.  Les terrorisés se comptent par milliers, mais les enthousiastes également.  La lecture du roman, puisqu’il faut le catégoriser, est cependant des plus valorisante. Les dix-huit épisodes qui composent l’odyssée de Leopold Bloom dans le Dublin de 1904 totalisent, dépendamment des éditions et des formats, parfois plus de 1000 pages.

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J‘ai lu Ulysses intégralement trois fois et l’ai feuilleté – un épisode par-ci, un autre par là, un page maintenant, une autre plus tard – à d’innombrables reprises.  C’est un microcosme de roman, une galerie d’art pour lecteur.  Ses personnages sont attachants et son intrigue, pour celui qui veut bien se donner la peine de l’embrasser, totalisante.  C’est une roman d’amour, de nationalisme, de féminisme et d’introspection. Bref, c’est une ode à la vie.  Devant l’évidence, devant l’importance d’un tel livre sur ma vie, j’ai décidé de me faire plaisir.

Assez fréquemment, dans mes heures de procrastination, j’aime bien fouiller les bouquinistes 2.0, en ligne, où on trouve régulièrement de magnifiques items.  La plupart du temps, les libraires virtuels en connaissent la valeur et ne servent pas à grand chose pour les acheteurs à petits budgets, si ce n’est que de leur mettre l’eau à la bouche.  Parfois, cependant, on tombe sur des petits trésors.  C’est ce qui m’est arrivé, il y a deux semaines, quand je suis tombé nez à nez (et quel nez!) avec un superbe exemplaire de la première édition américaine d’Ulysses, en second tirage. Mon budget me le permettant, j’ai sauté sur l’occasion.

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L‘histoire même de l’édition est fascinante. Mis à l’index par la justice américaine dès sa sortie parisienne en 1922, il faudra attendre le 6 décembre 1933 pour qu’un juge extrêmement dévoué, John M. Woolsey, autorise sa publication aux États-Unis, après avoir lui-même lu l’entièreté du chef-d’œuvre.  Les premiers exemplaires sortent des presses de la maison d’édition de Random House le 25 janvier 1934. La levée du ban n’a eu pour effet que de susciter la curiosité des lecteurs, ayant déjà eu vent du livre que l’on lisait sous le manteau depuis le milieu des années vingt. Un second tirage est effectué quelques jours après le premier, toujours en janvier 1934. Ma copie date son origine de cette époque.

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Il serait difficile de signifier à quel point le roman a été formateur dans ma façon de lire.  Son importance est telle que je crois pouvoir affirmer que c’est grâce à lui que je suis où j’en suis maintenant.  Quand un défi de taille se présente, l’orgueilleux refuse de baisser les bras avant d’avoir terrassé l’adversaire.  Le Ulysses de Joyce est tout un adversaire.  J’ai hâte de recroiser le fer avec lui, d’autant plus que je suis maintenant en vacances…

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