« les cloches » – poème original

« Not the only one » – poème original


Sur un air de C.W. Stoneking, I Heard the Marchin’ of the Drum

Vieux poème de retrouvé datant de quelques années. Écrit dans un pub de Montréal, par temps de grève, pendant que ça battait en-d’dans comme dehors.

Nouvelles acquisitions postmodernes – 04/02/2018


Los Cantos del Exilio: Dame le Mano (La Sirena) – Ensemble La Nef

Je n’en finis plus de découvertes. C’est comme si ma bibliothèque se parlait. Comme si mes auteurs se connaissaient les uns les autres. Ça jase de vivacité et se lit entre eux. Joyce est en haut, du moins pour l’instant. C’est le DG de l’imaginaire. Au-dessus, on retrouve ceux que je ne connais pas encore assez, mais que je sais devoir lire en profondeur avant trépas: Saint Thomas d’Aquin, les Hispériques, les Évangiles (MaMaLuJo, comme il les appelait: Matthew, Mark, Luke, John), et tous les autres. Mais l’arbre, outre ses racines, a aussi des feuilles. La grimpante est l’inverse d’une pyramide. son delta est au nord, ses petits s’élèvent, ses fruits aux extrémités.

[Je m’emballe.]

Ce que je veux dire, c’est que linéairement parlant, il y a beaucoup de grands auteurs sous l’influence de Joyce. L’oeuvre du bon maître a été féconde et ses bourgeons ont fleuris. La seule supériorité de Joyce sur Arno Schmidt est peut-être d’être né avant lui. Je les mettrais sans doute sur un pied d’égalité. Mais une génération de jeunes auteurs a aussi commencé à suivre l’exemple joycien de libération de l’imaginaire et se sont distingués de l’entreprise du génie irlandais. Leur entreprise est ludique, absolument décomplexée. Je viens de découvrir deux représentants de cette nouvelle vague postmoderne: Julián Ríos, auteur castillan, et Louis Armand, un auteur australien qui habite depuis une quinzaine d’années à Prague. L’oeuvre magistrale de Ríos s’intitule Larva – Midsummer Night’s Babel et a été traduite en plusieurs langues, dont l’anglais et le français dont je me suis procuré les traductions. La langue est incroyablement expérimentale et, naturellement, faute de meilleurs repères, est souvent associée à l’écriture du Joyce dans son Wake.

La page de droite constitue le « texte » romanesque. C’est la trame narrative principale, celle relatant (pour reprendre le résumé du roman par son auteur) « les aventures et experditions à travers Londres de deux étourdis qui se prennent pour des personnages de roman et cherchent à entrer dans la peau de leurs doubles. » Le tout se déroule pendant le carnaval de la St-Jean (la Midsummer nights de Bottom et ses rêveries chères à Shakespeare et Schmidt.) La page de gauche, « explique » (même si le mot est vite dit parce qu’elles compliquent souvent encore plus ce qu’on vient de lire) celle de droite. Il y a donc chez Ríos une véritable plasticité de la page qui, à la manière d’une toile, est un médium tout à fait permissif. L’idée d’un texte linéaire dont le format n’est qu’accessoire au contenu est ici remise en question comme ça l’a été pour Joyce, Schmidt et les autres. Fait intéressant, Ríos lui-même a supervisé les deux traductions, anglaise et française, de son magnum opus.

Louis Armand n’est pas très loin de Ríos en termes d’inventivité langagière, mais c’est dans l’intention que l’entreprise diverge. Alors que l’auteur castillan avait besoin d’un prétexte pour faire de son livre le théâtre d’un laboratoire langagier, l’entreprise d’Armand s’approche de l’épique attribué au projet joycien. C’est ici de l’histoire de Prague dont il est question. Au travers de l’histoire personnelle de plusieurs personnages, figurants et acteurs dans l’établissement mythique d’un peuple, la capitale tchèque s’invente. The Combinations (devenu relativement difficile à trouver, probablement déjà épuisé – j’ai moi-même dû l’acheter d’un département de littérature comparée de l’université de Prague) est un plaisir pour l’œil et l’oreille. Regardez par vous-même.

Et pour finir, en beauté, un catalogue choisi du Art Institute de Chigago, dans une collection française des années soixante. Toutes les pages sont détachées, de sorte que les impressions peuvent être encadrées. Ça tapisserait bien les murs de ma chambre, pendant que me casse le cul et la tête à comprendre ce que je lis.

« Vorläufiges zu Zettels Traum » – Arno Schmidt

Je me le suis acheté. Ça faisait quelques années que je le reluquais sans le mettre dans le panier. Ce qui m’intéressait avant tout, c’était l’enregistrement audio, de Schmidt lui-même, qui explique l’origine et tente de démystifier son maître ouvrage, Zettels Traum, au sujet duquel j’ai parlé à répétition ici. Le boîtier (un réel boîtier de bois) contient un livret d’une vingtaine de pages, trois feuillets facsimilés de ZT ainsi que deux précieux vinyles, sur lesquels on entend la voix du maître. Vorläufiges zu Zettels Traum (traduisible par quelque chose comme « considérations provisoires à propos de Zettels Traum ») n’a jamais été digitalisé et sa facture fragile en rendait l’accès difficile par prêt entre bibliothèques universitaires, mon recours habituel quand je recherche de rarissime objets. M’étant acheté tout récemment une table tournante USB, j’ai pu mettre le tout en fichiers mp3. Surtout, j’ai pu m’approcher un peu plus du secret de ce rêve de fiches.

Certains trouveront le format inhabituel. Il l’est aussi, naturellement, – et je dois dire un mot à ce sujet.

J’ai d’ores et déjà présenté un livre à deux colonnes ; il s’agit de Kaff auch Mare Crisium, dans lequel un couple, en vacances pour quelques jours en Basse-Saxe, s’imagine pour le plaisir être en voyage sur la lune ; un long monologue intérieur (jeu réflexif) pour passer le temps, donc. Le format était déjà trop gros pour certains libraires, ce qui, naturellement, est pour moi un vil argument. Que l’on le range dans une bibliothèque ou qu’on le pose sur une table, ça n’a aucune importance.

Dans Zettels Traum, on compte même trois grandes colonnes de texte. Ce n’est pas que j’aie été particulièrement ambitieux – pour enchevêtrer le plus d’actions possibles, la technique des colonnes pourrait être poussée jusqu’à quatre.

Avec Finnegans Wake, par exemple, qui est d’ailleurs aussi un livre à plusieurs colonnes, Joyce ne s’était pas compliqué la vie et avait tout imprimé pêle-mêle, librement. Il prenait un malin plaisir aux cachotteries.

(traduction personnelle)

« Feu furieux » – poème vidéalisé

(poème original, sur une musique de Kraked Unit, « Les Fleurs du Slam »)

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